GROUPEMENT DE TEXTES :
Le souvenir amoureux dans l'œuvre de Jean Racine

Commentaire composé :
Britannicus, acte II, scène 2
("Le temps n'est plus…aussi nos vœux")

Document proposé par Stéphanie Levieux,
professeur de français à Drancy (93)
<slevieux@hotmail.com>

  

NERON
Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux.

NARCISSE
Vous ?

NERON
Depuis un moment mais pour toute ma vie
J'aime, que dis-je, aimer ? J'idolâtre Junie !

NARCISSE
Vous aimez ?

NERON

Excité d'un désir curieux,
Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil
D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.
Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs.
Quoi qu'il en soit, ravi d'une si belle vue,
J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue :
Immobile, saisi d'un long étonnement,
Je l'ai laissée passer dans son appartement.
J'ai passé dans le mien. C'est là que solitaire,
De son image en vain j'ai voulu me distraire.
Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler,
J'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler.
Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce ;
J'employais les soupirs, et même la menace.
Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,
Mes yeux sans se fermer, ont attendu le jour.

Racine, Britannicus, 1669 (acte II, scène 2)

 

 

Commentaire Composé

 

Comment le récit de l'enlèvement de Junie révèle-t-il de la part de Néron un amour ambigu ?

 

I. Un récit en contraste

A. Le récit de deux visions

 

 

B. Un tableau en clair obscur

A la fois un souvenir et une rêverie dans un récit qui est surtout un tableau tout en contraste.

Place le texte sous le signe de la dualité, et de l'ambiguïté qui caractérise aussi l'amour de Néron.

II. Néron amoureux

A. Le ravissement :

Passivité de Néron :

Absence du contrôle de soi :

Il s'agit d'un ravissement qui témoigne de l'excès.

B. L'excès

Amour qui par son excès même et par ce qu'on sait de Néron inquiète.

 

III. Un tyran en puissance ?

 

A. Une scène de terreur

B. La perversion

 

Tirade sous le signe du double : amour doublé de perversion, passivité et violence, clair-obscur, amour qui introduit une scission en Néron : ne se commande plus, il en devient inquiétant. Il est surprenant pour le spectateur que les premières paroles de Néron soient des paroles d'amour alors qu'il nous a été présenté dans l'acte I comme un monstre. Mais au sein même de ce discours amoureux s'exprime sa cruauté : amour et violence sont toujours chez Racine intimement liés.

 

Vers la page de présentation du groupement.

Autres textes de ce groupement:

Berenice, acte I, scène 5

Britannicus, actre II, scène 2

Iphigenie, acte II, scène 1

Phedre, acte I, scène 3 

 

Document proposé par Stéphanie Levieux,
professeur de français à Drancy (93)
<slevieux@hotmail.com>

 

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