Victor Hugo
Lettre à Pierre Larouse
Texte proposé par Micheline Guilpain-Giraud

 

En 1863, paraissent les premiers fascicules du Grand Dictionnaire Universel, encyclopédie qui regroupe toutes les connaissances du XIXème : oeuvre gigantesque de 20 700 pages, tout aussi subjective que l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Larousse et Hugo ont la même admiration pour le progrès, le même esprit romantique et farouchement républicain. L'enthousiasme de Victor Hugo n'est donc pas surprenant, quant à Larousse, il portait une admiration sans borne au poète : "le plus illustre des poètes contemporains".
M.G.G.

Victor Hugo et Pierre Larousse.

L'illustration du 2 juillet 1864 (p. 14) publie cette note: " Nous nous empressons de porter à la connaissance de nos lecteurs la lettre suivante, que M. Victor Hugo vient d'adresser à M. Pierre Larousse, l'auteur du Grand Dictionnaire universel du XlXe siècle :

Hauteville House, 20 avril.

« Monsieur, j'ai reçu vos quatre premières livraisons. Votre plan est vaste, votre but est noble; quelques parties que j'ai lues déjà sont excellentes. C'est un vrai monument que vous élevez au dix-neuvième siècle. Condenser dans un livre les connaissances humaines au dix-neuvième siècle, c'est une belle et grande idée. Après tant d'essais manqués, tant d'ébauches malheureuses, tant de répertoires empreints de l'esprit rétrograde, donner enfin à la magnifique encyclopédie de Diderot un pendant plus complet et plus grandiose encore, voilà une œuvre qui, achevée, sera pour l'éditeur la fortune, et pour l'auteur la gloire. Pénétrez-vous de plus en plus de l'esprit nouveau; éloignez-vous de ce vieux reste du passé dont il est si difficile, surtout dans un travail de ce genre, de se dégager entièrement, et sans nul doute, Monsieur, vous aurez cette fortune et cette gloire. Presque tous les dictionnaires biographiques et encyclopédiques de notre temps sont faits dans une pensée hostile au siècle; aussi n'ont-ils que peu de succès, et l'avenir les dédaignera. Vous, vous voulez servir le progrès, vous voulez créer la réussite, vous l'aurez. Votre succès sera d'autant plus grand que votre union avec le siècle sera plus profonde. Courage!

Je suivrai votre travail avec un vif intérêt. Je vous envoie tous mes vœux et tous mes applaudissements. Croyez à ma bien cordiale sympathie, Victor Hugo. »

Lettre citée par André Rétif dans son livre : « Pierre Larousse et son œuvre », Larousse 1975 (ouvrage malheureusement épuisé, consultable aux archives de la maison Larousse &endash;21 rue du Montparnasse &endash;Paris 06 ; ou au fonds Pierre Larousse à la Bibliothèque municipale de Toucy )

 

 

 
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